“Community Manager” le métier le plus dévalorisé au Sénégal !


A chaque fois que je parle Social Média Marketing avec un marketeur/communiquant d’une boite sénégalaise qui se plaint de ne pas avoir les résultats espérés, je ressors dans 80% des cas dépités et convaincu que la majorité des responsables ne donne pas véritablement la place et les ressources qu’il faut, en rapport à leurs attentes. Etre présent sur les réseaux sociaux est certainement l’une des taches les plus complexes qu’on puisse trouver dans les pratiques de web-marketing. En fait je dirai même que le fait d’être juste “correctement” présent sur Facebook relève du miracle.
Etre présent sur cette bête protéiforme qu’est Facebook est particulièrement complexe à cause de sa nature évolutive, de sa taille titanesque et encore croissante, de la foultitude de fonctionnalités qu’elle offre et des infinies possibilités d’actions qui y sont possibles. Je trouve d’ailleurs que c’est manquer d’humilité que te prétendre maîtriser Facebook. Je ne dis pas que c’est possible, je dis juste que ça serait un job à plein temps. Il semble que Facebook l’affirme indirectement en proposant pas moins de 4 certifications de spécialisations sur Facebook au niveau de sa superbe plateforme de formation

Associé marketing numérique certifié Facebook
Spécialiste de la planification des médias certifié Facebook
Spécialiste de l’achat média certifié Facebook
Développeur de produits publicitaires certifié Facebook
Est ce que ça voudrais dire que pour exploiter le plein potentiel

L’organisation “COMATEUSE”: Cette entité a publié quelques fois en 2011 et depuis elle est tombée dans la coma. Par moment elle ressort de son coma pour balancer 2 posts et retomber dans le coma.
L’organisation “NOMBRILISTE”: Elle ne publie que des choses qui la concerne et intéresse elle, elle s’en fout un peu de sa communauté et pourtant dit vouloir en construire une solide. On ne trouve dans ses publications que les photos de réunions, des colloques, des sorties du PDG/DG, les activités du personnel et autres couvertures d’événements qu’elle organise.
L’organisation “UBIQUITAIRE”: Elle veut être présente sur tous les réseaux sociaux. Elle a un compte sur tous les réseaux sociaux et dont Tik-Tok parce qu’elle oublie qu’à vouloir être partout à la fois on fini par ne plus être nulle-part.
Mais quelque soit le type d’organisation, dans la majorité des cas, l’entreprise ne garantit pas une adéquation entre ses objectifs et ambitions liées à la construction de ses communautés virtuelles et les moyens et ressources qu’elle mobile.
La community management est un vrai travail d’exécution. Il n’y a pas de recette miracle permettant de construire une communauté de superfans/ambassadeurs de 600.000 personnes en moins de un an. C’est du test and learn. On ne dispose malheureusement pas assez de marge de manoeuvre pour tester et apprendre dans beaucoup de cas. Je ne comprends pas, qu’une “grosse” organisation au sens sénégalais du terme, qui parle de mettre au cœur de sa stratégie le Digital, dispose d’un seul et unique community manager, à qui il demande le ciel et la terre:
produire du contenu de qualité,
garder un bon rythme de publication,
rester réactif,
répondre aux différentes sollicitations des membres de la communauté,
développer et animer la communauté,
garantir une excellente e-veille,
faire les remontées adéquates aux départements concernés et tout ça sur
Facebook, Twitter, Instagram et Linkedin en même temps.
Je pense que toute organisation qui prétend mettre le digital au coeur de sa stratégie, ne peut plus se permettre autre chose qu’une équipe de plusieurs Community Managers, appuyés de Content Managers et de Social Media Managers. La taille des équipes dépendront du nombre de territoires sur lesquels l’entreprise est présente. Si tu es sur plusieurs territoires faudrait au bas mot envisager 2 personnes par territoire et payer convenablement ces compétences.
Pour la situation au Sénégal je ne saurais dire si le mal est lié à l’inadéquation entre objectifs et moyens ou au fait que beaucoup d’organisation en vérité ne sont pas encore prête à faire le vrai saut de cette transformation digitale dans la gestion de la relation client.
En bref, toutes ces élucubrations visent à simplement mettre la lumière sur un métier crucial qui est piétiné au Sénégal et relégué à un travail de seconde zone ou en tous cas qui n’est pas valorisé comme il faudrait.

Médium.com


RD

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