COMMERCE MONDIAL :Le secteur privé africain exige un système plus équitable et plus transparent


Les Pdg africains appellent explicitement à un système plus juste qui soutiendra les pays émergents et en voie de développement, selon l’enquête commandée par le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (Paftrac), et réalisée par le magazine African Business, en partenariat avec Afreximbank.

Une enquête commandée par le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (Paftrac) pour évaluer le point de vue du secteur privé sur le commerce, a mis en évidence le désir du secteur privé de réformes considérables pour doter le système mondial de règles commerciales plus justes et plus transparentes.

200 Pdg ont été interrogés sur des questions concernant l’Organisation mondiale du commerce (Omc) et le commerce en général. L’enquête a été conduite à la lumière de la deuxième phase du processus de sélection du prochain directeur général de l’institution. Trois des huit candidats sont Africains : le Nigérian Ngozi Okonjo-Iweala, le Kenya Amina Mohamed et l’Égyptien Abdel-Hamid Mamdouh.

L’enquête, qui couvre de nombreux domaines, fait apparaître un consensus général sur le fait que les règles actuelles pénalisent le continent africain et son secteur privé. Ainsi, 86,6% des répondants disent comprendre le rôle de l’Omc dans le commerce mondial. Cependant, une majorité considère que l’Omc n’est pas assez efficace pour remplir son rôle. Si les infrastructures, la logistique et le capital humain ont été cités comme des défis majeurs à la croissance en Afrique, les dirigeants ont également mentionné le commerce international biaisé comme contrainte clé.

Pour le professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank, «en tant que banque panafricaine de financement du commerce, Afreximbank a été mandatée pour héberger le secrétariat du Paftrac. Toute réforme doit soutenir un secteur privé africain en plein essor et une Afrique de plus en plus intégrée. Nous avons vu, au cours du dernier quart de siècle depuis la création de l’Omc, l’émergence d’un secteur privé africain robuste et dynamique et, plus récemment, des étapes importantes pour intégrer l’Afrique dans le cadre de l’accord de libre-échange continental africain (Zleca). L’Omc et ses nouveaux dirigeants devront reconnaître l’impératif de l’intégration africaine et placer le développement au centre de tout programme commercial».

Il est intéressant de noter que si la majorité des Pdg estimaient que le système commercial mondial était injuste, la plupart voient également le système multilatéral se renforcer dans les années à venir. Ils ont présenté un ensemble de réformes pour un système commercial plus juste et plus transparent. Ils demandent de donner une plus grande voix aux pays émergents, et de revoir les barrières tarifaires et non tarifaires, surtout dans le domaine de l’agriculture et des subventions.

Les dirigeants sont optimistes quant aux perspectives d’avenir : plus de 50% des Pdg considèrent que le commerce mondial augmentera au cours des 12 prochains mois ; et plus de 70% des Pdg jugent que le commerce intra-africain augmentera au cours des 12 prochains mois.


Abdou Wanema

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